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Papeterie - La question des loyers - La Papéthèque vs l’Académie française...

1 month ago

Il était une fois… Inutile de présenter l’Académie française,  fondée en 1634… Ce temple des grands écrivains, des Immortels,  est le berceau même de notre langue,  née du mariage du papier et du stylo, les deux outils de la pensée qui donnent ensuite naissance à des chefs-d'œuvre de la littérature. Et pourtant… cette célèbre institution semblerait un tantinet radine.  Le saviez-vous ? L’Académie française est propriétaire de plusieurs fonds de commerce à Paris. Parmi eux,  le magasin situé au 26, rue Soufflot, dans le Ve arrondissement de la capitale. Depuis un an, il est sous enseigne La Papéthèque ;  à sa tête Carole Chateau, qui possède également quatre autres points de vente, deux à Lyon, un à Marseille et un autre à Toulouse, également à la même enseigne. 

Même si la papeterie a été jugée comme  essentielle à la vie du pays lors du premier confinement en mars 2020, Carole Chateau a rencontré un certain nombre de difficultés au fil des mois pour maintenir ouverte son unité de la rue Soufflot. Arrive décembre.  Sans hésiter, elle s’adresse alors à son bailleur,  l’Académie française, afin de trouver un arrangement sur la question du loyer,  3 000 € HT par mois, ce qui n’est pas rien.  

« J’ai alors reçu une fin de non recevoir, une réponse très sèche sans autres commentaires. J’avoue avoir alors été décontenancée, car je ne m’attendais pas à une telle réponse de la part de cette institution », se souvient Carole Chateau, encore sous l’étonnement. Qui ajoute, aussitôt : « Je pensais, peut-être naïvement, que l’Académie française soutiendrait une représentante de la papeterie, de l’univers du papier et de l’écriture. » Ni une,  ni deux,  prenant alors son courage à deux mains,  elle n’hésite pas le jeudi 10 décembre à manifester seule pendant deux heures sur la parvis de “La vieille dame du quai Conti”, où, sur la pancarte, était écrit, notamment, « L’Académie française,  propriétaire de ma papeterie, ne peut concéder aucune aide. » Comme chacun sait, la trésorerie est le nerf de la guerre. Peut-être que l'Académie française souhaitait voir s’installer en lieu et place de cette Papéthèque une succursale bancaire…  Finalement, le bailleur la rappelle et rendez-vous est pris pour le lundi 14 décembre. 

Ce jour-là,  une représentante du foncier de l’Académie française et un responsable de la régie financière la reçoivent. Suspense. Un accord débouchera-t-il à la fin de cette entrevue ? Oui ! Encore que… « Je n’ai pas obtenu un report des loyers, voire plus. Simplement, j’ai arraché un mois de gratuité, ce qui est extrêmement généreux ! » Sans aucun doute. Voilà un geste qui est tout à l’honneur de cette institution… Quand l’argent entre en lice,  bien des barrières tombent. De guerre lasse, Carole Chateau se contentera de cette aumône. Quoi qu’il en soit, elle espère tenir malgré tout jusqu’en juin prochain en tablant sur le retour des étudiants…